A Méditer ....

 

education chien

 

 

 

 

 

 

Etes vous certain qu'à vouloir aimer les chiens comme nos semblables nous les aimons vraiment à leur juste valeur ?

Pourtant me direz vous, vous ne voulez que son bonheur ....!

 

Petit rappel:

  • ANTHROPOMORPHISME def : Nom masculin singulier . Tendance à donner à des objets , des choses ou des animaux des caractéristiques propres à l'espèce humaine

 

Nous sommes les seuls à avoir les facultés intellectuelles pour pouvoir conceptualiser l'image que nous voulons nous faire du bonheur et de son contraire .

Transposer cette vison que nous en avons à l'animal n'a aucun sens et conduit souvent notre compagnon à quatre pattes à se retrouver dans des situations incohérentes pour lui qui génèrent donc un état de stress  .

Notre penchant naturel à l'anthropomorphisme (vision humaine de l'animal ) est indéniable et fait finalement partie de l'homme . Cependant notre intelligence "supérieure " devrait nous permettre de le prendre en considération et d'en mesurer les effets .

Qu'est ce que le bonheur pour un chien ?

Il faut revenir à l'essence même de l'espèce pour essayer d'y apporter une réponse .

L'éthologie nous apporte une vision assez précise du mode de vie des ancêtres des chiens en milieu naturel. Elle est basée sur un comportement social fait de relation entre individus.

Ethologiquement parlant, bonheur et malheur n'ont pas leur place dans la vie du chien .

Un chien , comme son cousin le loup vit avec le but premier de maintenir et de préserver sa vie et par extension son espèce .Cela peut paraître un peu décalé par rapport à l'intégration du chien actuel dans notre société , pourtant il suffit de se rapprocher de nos plus lointains comportements pour voir que l'homme lui aussi , en son temps cherchait excatement la même chose !

seulement à la différence de l'animal, il a évolué différemment grâce à une construction unique de son système nerveux central qui lui a permis de conceptualiser, parler , inventer, raisonner, chercher .

C'est un fait, ces notions ne sont pas à la portée de l'animal. Il ne faut pas en déduire pour autant que le chien répond uniquement aux besoins primaires que sont : se nourrir et se reproduire .

Certes ces nécessités sont fondamentales mais elles sont loin de regrouper l'ensemble des besoins du chien .

La relation née de l'attachement à l'humain est un autre fondamental des besoins canins .

Pourquoi la présence du chien à nos côtés ?

Nous avons du mal à accepter ce dicton  : "Chacun sa place et les vaches sont bien gardées "

Pourtant, l'origine du lien qui nous unit depuis 50 000 ans au chien était fondée sur une utilité fonctionnelle de l'animal, il était à nos côtés pour que nous puissions utiliser ses compétences instinctives comme la chasse , la garde pour nous servir .

Aujourd'hui cette vision est assez réductrice et nous savons que le chien est à nos côtés pour des raisons beaucoup plus complexes . La fonction psychosociale du chien est aujourd'hui évidente même si pas encore complètement comprise .


Confusions :

Le chien est-il heureux ?   ressent-il du bonheur à dormir dans notre lit ou à manger à table avec le reste de la  famille ?

On aurait envie de dire non pas forcément .... pourtant, si je vous pose la question différemment : Quand votre chien réclame à manger quand vous êtes à table et que vous refusez de lui donner, à quoi vous ramène son regard ?

Il est certain que nombre d'entre vous répondra alors qu'il a l'air malheureux !


Alors qu'en éthologie et en comportement canin , la réponse à une demande préssante d'un individu lambda est considérée , par ce même individu comme une réussite à une tentative de prise de pouvoir décisionnel. Ce qui ramène ce même individu à penser qu'il peut y avoir changement événtuel de rang social entre lui et l'individu qui a répondu à sa demande. En clair, chez le chien, il y a celui qui laisse sa place et celui qui la prend; pas de référence au bonheur ou au malheur, juste une mesure du rang qu'on occupe.

Selon son rang hiérarchique on n'a pas accès aux mêmes choses en même temps ou dans les mêmes conditions 
La traduction par une émotion et un ressenti purement humain a fait son oeuvre et le résultat est une erreur manifeste d'interprétation qui conduira inévitablement à une autre spécialité du psychisme humain : la culpabilité


Sur le fond il n'y a rien de grave à penser que le chien éprouve du bonheur ou pas à obtenir ce qu'il demande . L'objectif n'est pas d'affirmer ou de construire une vérité absolue sur le fait que le bonheur ou le malheur sont des sentiments inaccessibles pour les chiens .

S'ils n'éprouvent pas de bonheur ou de malheur au sens humain, cela ne défend pas l'idée qu'on puisse le faire souffrir physiquement ou psychiquement et le perturber. C'est bien le point de départ du problème crucial d'une confusion entre protection et respect de l'espèce et anthropomorphisme .

Protéger l'animal c'est avant tout le respecter dans sa différence, essayer de le comprendre et le regarder à travers son identité et non celle que l'on veut se faire de lui .

Un peu d'humilité ne fait pas de mal ....

S'agissant de souffrance morale, lorsqu'on veut le bonheur de l'autre, c'est que l'on croit connaître ce qui le soulagerait de sa souffrance .

N'est ce pas une attribution de puissance d'un individu sur l'autre ?

Cela sous entend un contrôle quasi total sur la connaissance de l'autre . C'est la dérive antropomorphique !
A mon sens aimer, c'est accepter la différence et s'adapter ....Si nous acceptons l'idée d'une évolution entre l'homme et le chien, pouvons-nous accepter qu'il nous revient de nous adapter à ce qu'est le chien ?

Le chien pourrait vivre sans nous, je veux dire avec une relation moins intime .

N'en déplaise à notre égo, c'est un fait .

Mais puisque nous le gardont près de nous il revient à celui qui invite à la relation d’être attentif et à l’écoute de l’autre.

Grâce à la domestication, le chien s’est déjà fortement adapté à notre environnement, mais il a ses limites.  Il nous faut absolument apprendre et comprendre ce qu’est un chien pour accéder à ce sentiment si recherché que nous recherchons tous : le bonheur  et ainsi offrir à notre compagnon le « bien-être-chien* » que nous lui devons.

Acceptons de parler de bonheur canin à condition d'être dans un référentiel canin.

Si vous l'aimez , respectez-le !


Je dis souvent : "La moindre des choses quand on a un animal c'est de se renseigner sur ses besoins et de les prendre en compte ! "


Tant que l’homme n’acceptera pas de regarder et de vivre avec son chien en utilisant des codes qui lui sont accessibles, il y aura des difficultés relationnelles à cause des incompréhensions de langage . Il y aura donc des dangers et malheureusement des drames.

 


*« Bien-être-chien » Ne pas prendre en compte l’identité animale du chien peut le conduire à une torture intérieure sans commune mesure . Si l’homme ne le comprend pas, le chien lui le subit. C’est le mot « bien-être » qui devrait être utilisé pour le chien. « Bien-être » veut dire, être bien. Il y a dans ces deux mots des notions simples mais très importantes. « être », c’est reconnaître que le chien a une identité, celle de chien. « bien être », c’est être bien reconnu sous sa propre identité. Il n’y pas de notion de bon ou de mauvais. En s’assurant du « bien-être » de son chien on s’assure qu’on le considère bien en tant qu’ « être chien ».



Alors qu'en pensez vous ?